Didactique du numérique

A partir d’un ensemble de méthodes utilisant les pédagogiques actives, l’objectif du cours consiste à faire émerger les principes didactiques propres aux usages pédagogiques du numérique et appliquer ces principes de manière différenciée en fonction des contextes. L’approche didactique du numérique ne peut se faire sans aborder les concepts pédagogiques de base qui sous-tendent l’apprentissage à savoir :

– Les types pédagogiques et modèles de l’apprentissage,

– La structure des activités et les fonctions des outils numériques

– L’interopérabilité des systèmes numériques et les métadonnées

Le présent cours est animé par M. Hubert Javaux, Directeur du Service d’accompagnement pédagogique SAPIENS.

 

 

Les modèles pédagogiques d’Agostinelli : activité 1

6 questions aux approches des didactiques appliquées au e-learning

L’éclairage de M. Javaux 

Synthèse pragmatique des 6 modèles de Agostinelli :

1° L’approche anthropologique :
Cette approche se caractérise par le fait que toute activité humaine est conditionnée par le contexte culturel, relationnel, un ensemble de valeurs partagées… dans lequel cette activité se déroule. Dans le cas de l’enseignement à distance, il faut construire de toute pièce un contexte centré sur l’être
humain dans un espace totalement technologique donc à priori inhumain.
Exemple : les fonctionnalités des plateformes ainsi que les activités proposées concourent à recréer artificiellement cet environnement qui permet à l’utilisateur d’avoir une activité d’apprentissage, de collaboration, de partage de valeurs spécifiques … dans un contexte qui se construit sur cette base et
qui n’est pas le contexte physique et humain dans lequel il a l’habitude d’évoluer. L’exemple extrême est celui des espaces virtuels immersifs (Second Life) par lesquels on essaie d’humaniser le contexte
technologique.

2° L’approche basée sur les communautés de pratique :
Le principe de cette approche réside dans le partage d’expériences, de compétences, de savoir faire…entre pairs autour soit d’un centre d’intérêt commun soit d’un problème à résoudre. Dans cette approche participative, les compétences, les savoir-faire,… sont délivrés par chacun des
participants.
Exemple : On propose une situation problème complexe avec peu voire pas d’apport de support précis (connaissances) venant de l’enseignant. Ce sont les compétences différentes que chacun des membres du groupe apporte qui permet de trouver la solution au problème posé.

3° L’approche basé sur le modèle informatique :
C’est le modèle de l’e-learning traditionnel, à savoir un contenu relativement étoffé et des activités d’exercisation et /ou d’application. Ce modèle se base sur les contraintes des systèmes informatiques et sur ce que l’on appelle l’enseignement « programmé » qui suit une logique algorithmique qui peut être relativement binaire (tout ou rien). La problématique que dégage cette
approche est celle de la place de l’humain, de sa créativité, de la prise en compte de sa culture, de l’effet de groupe,… qui débordent très largement des canevas imposés par les systèmes informatisés qui ne peuvent qu’y répondre que très superficiellement.
Exemple : Cours articulé autour de ressources textuelles, vidéos … suivies d’un test autocorrigé de contrôle des connaissances voire de compréhension de premier niveau. En fonction du résultat aux tests, différents types de ressources peuvent être proposées (soit de remédiation soit d’approfondissement) avant de passer à l’étape suivante.

4° L’approche par la médiation technologique
Dans ce modèle on voit apparaître la notion de « réseau social d’apprenant » (dans le sens humain et non logiciel du terme) qui est médié grâce aux outils technologiques qui sont proposés (Forum, Chat,…). L’apprentissage souvent sur base de situation problème crée un contexte social qui favorise l’émergence d’une communauté qui produit un savoir.
Exemple: un cours en ligne ou une activité organisés à partir d’un outil de réseau social (Facebook,…). Cet outil par les fonctions spécifiques qu’il propose (like, commentaires, mur, gestion des droits d’accès par l’individu,…) génère une mini communauté sociale. Celle-ci sera incitée à interagir grâce à ces fonctions dédiées contrairement aux plateformes traditionnelles d’e-learning qui articulent les activités prioritairement autour des fonctions de mise à disposition de contenus.

5° L’approche communicationnelle
Par cette approche ce n’est non plus le relationnel et l’échange global qui sous-tendent l’activité, mais la recherche de ressources (documentaires ou autres) en vue de communiquer à l’ensemble du groupe (voire plus largement) , de les partager voire de les publier qui sont les moteurs de l’activité du groupe.
Exemple : l’exemple phare de cette approche est celui des WIKI, et plus particulièrement de Wikipédia qui est l’image même de la recherche d’information par tous pour la co-construction mondiale du savoir en vue de le communiquer « mondialement » tout en étant supervisé par la communauté elle-même.

6° L’approche de l’acteur réseau
Par cette approche (souvent utilisée en début d’un cours) l’enseignant tente via sa méthodologie, ses activités… d’établir, de construire des liens entre ses apprenants, mais aussi entre eux et lui (soit au niveau individuel soit au niveau du groupe) de par les objectifs énoncés voire les exigences qu’il a émises.
Exemple : Les travaux de groupe de début de cours sont souvent organisés dans cet esprit afin que les apprenants qui ne se connaissent pas puissent tisser rapidement des liens au travers d’une activité proposée qui donne du sens à ces relations. Ces liens relationnels sont dans ce cas bien souvent « opérationnels » voire fragiles, et varient en fonction des activités proposées ou de la constitution imposée ou non des sous-groupes par l’enseignant.

 

Afin d’observer comment les modèles agostinellien opèrent, j’ai choisi de m’intéresser à l’une des solutions pédagogiques, dont je pilote l’activité chez CrossKnowledge : les Certificats Essec.

Cliquez sur les images pour afficher le diaporama.

L’approche par objectifs : activité 2

L’approche pédagogique par objectifs est principalement née dans les années 1950.

La taxonomie des objectifs de  Bloom est incontestablement la plus connue.

440px-Blooms_rose_fr.svg
Principalement centrée sur le domaine cognitif cette taxonomie a été régulièrement revisitée, améliorée voir déclinée pour d’autres domaines (Affectif/Social, Psychomoteur, ….)

Malgré l’essor actuel de la pédagogie par compétences, la pédagogie de la maîtrise par objectifs reste une pratique très courante en formation.

Voici la représentation sous forme de carte mentale des objectifs de formation pour l’un des 44 parcours certifiants ESSEC CrossKnowledge, L’Entretien annuel d’évaluation :

Certificat ESSEC  Reussir lentretien annuel devaluation_CAPRILES  (1)

 L’approche par compétences : activité 3 

L’approche par objectifs laisse de plus en plus place à un autre type d’approche, beaucoup plus complexe : l’approche par compétences. Cette approche vise à évaluer la capacité des individus à témoigner de certaines connaissances ou attitudes dans différents contextes. Ruano-Borbalan ( 1998) en parle comme d’un « concept flou » dans lequel vont se retrouver des éléments disparates, voire contradictoires. La définition de la notion de compétences varie donc selon les auteurs.

Dans le monde industriel, les compétences font allusion à « un ensemble relativement stable et structuré de pratiques maîtrisées, de conduites professionnelles et de connaissances, que des personnes ont acquises par la formation et l’expérience et qu’elles peuvent actualiser, sans apprentissages nouveaux, dans des conduites professionnelles valorisées par leur entreprise ». Elles sont donc reliées à la performance requise pour occuper efficacement tel ou tel emploi qui est défini en termes de critères appelés « standards de performance » (Boutin Gérald, « L’approche par compétences en éducation : un amalgame paradigmatique »).

Il n’existe pas de référentiel de compétences décrivant les certificats ESSEC, aussi en ai-je créé un exemple pour le parcours de formation étudié : L’entretien annuel d’évaluation. Il me semble plus aisé de formuler les compétences à l’aide de cette phrase-clé : « A l’issue de cette formation, l’apprenant sera capable de… »

Mini-referentiel-de-competences_Certificat ESSEC_Aurore_CAPRILES

 Les styles d’apprentissage : activité 4

Il n’existe pas une manière d’apprendre mais plusieurs, qui diffèrent en fonction de chaque apprenant.

Plusieurs typologies ont été mises en avant, qui décrivent des modèles archétypaux liés à la façon de comprendre un problème et lui apporter des solutions. Autoriser des accès variés à la compréhension d’un problème permet donc de cibler les différents profils d’apprenants, sans en privilégier un seul. Cette méthode va à l’encontre d’un enseignement monolithique, et démocratise la transmission du savoir.

Selon le théoricien David Kolb, tout apprenant engagé dans un cycle d’apprentissage passe par 4 stades mais ne se sent à l’aise qu’avec 2 phases du cycle.

Le cycle des phases d’apprentissage (http://www.pedagogeeks.fr/archives/3228) :
1.    Expérience concrète d’une action/idée. (Je repeins un mur de la cuisine).
2.    Observation de façon réfléchie et attentive. (De quoi a-t-il l’air? Est-ce que j’aime ça?)
3.   Conceptualisation abstraite et théorique. (Est-ce que j’aurais pu utiliser une meilleure méthode — un pinceau plutôt   qu’un rouleau?)
4.    Mise en application de l’idée/action en fonction de l’expérience initiale. (J’essaie une méthode différente).

Si l’on applique ce modèle à mon projet d’étude pour ce cours, les parcours certifiants ESSEC, on constate que chaque stade est présent. Comme je l’ai dit plus haut (voir activité 1, les modèles d’Agostinelli), les parcours certifiants ESSEC comportent tous les éléments suivants :

– des Sessions e-learning, qui représentent le cours à proprement parler

– un mur d’échanges, permettant de communiquer en asynchrone avec un coach dédié

des exercices de mise en pratique sur le terrain : préparation en amont, retour sur expérience en aval

C’est cette dernière activité, qui nous permet d’observer le plus précisément le modèle de Kolb. Prenons pour exemple le parcours de formation qui concerne la prise de parole en public.

1) on part de l’expérience de l’apprenant : la plupart du temps, il s’agit de quelqu’un qui a du mal à s’exprimer devant un auditoire, qui ne parvient pas à gérer son stress. C’est cette problématique qui entraîne le besoin de formation. On peut dire ici qu’on se situe dans l’expérience concrète : « je parle en public et je ne suis pas satisfait)

⇒Expérience concrète d’une action

2) l’apprenant va ensuite en parler à son coach et lui expliquer ce qui constitue un blocage pour lui. Il va s’interroger sur les causes et les remèdes. (qu’est-ce qui m’effraie dans le fait de prendre la parole ? Comment puis-je réussir à accomplir cette tâche?…)

⇒Observation de façon réfléchie, attentive

3) L’apprenant va ensuite, avec l’aide de son coach, et au moyen des Sessions e-learning qu’il aura consultées, conceptualiser les idées et les principes d’action qu’il aura repérés pour élucider son problème

⇒Conceptualisation abstraite et théorique

4) Enfin, fort de ces réflexions, l’apprenant passe à la phase de mise en application sur le terrain. Il/Elle pourra donc animer une réunion en se basant sur le travail de réflexion effectué en amont avec le coach et en mettant en pratique les concepts énoncés dans les Sessions e-learning.

⇒Mise en application de l’idée/action en fonction de l’expérience initiale

C’est à ce stade que l’on constate si oui ou non l’apprenant a réussi à faire évoluer ses pratiques et à surmonter ses difficultés.

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